19.03.2011
La (dernière) semaine du Chevalier
J’ai l’impression, depuis quelque temps, de raconter souvent la même chose, mais j’ai encore eu une semaine de FOLIE FURIEUSE au niveau boulot en rentrant de Rome. Conseils de classe lundi et jeudi, à la mitraillette. Mardi, démarches diverses pour récupérer mes nouvelles paires de lunette, et mon nouvel ordinateur. Bach, il s’appelle, celui-là ! Son nom est écrit dessus, et il me joue des sonates informatiques comme un vrai pro. Toto n’a pas pris sa retraite. Il est rangé, prêt à l’emploi, dans une autre pièce de la maison, au cas où l’on ait besoin de lui pour dépanner. Il fonctionne encore !
Jeudi matin, turbiner comme une locomotive pour pondre de nouveaux sujets de devoir pour les premières, préparer deux heures de cours de BTS, taper une correction pour les terminales que je ne verrai qu’une heure à cause des conseils, préparer des enregistrements de sujets d’oraux blancs pour les BTS le lendemain...
Vendredi, 7H de cours non-stop (à l’exception de l’intervalle 10h30 12h30 où je fais passer des oraux blancs, sans être payé pour ça évidemment...). A 16h30 je vais récupérer ma semelle compensée (6mm) qui devrait mettre un terme aux souffrances de mon dos. Ca fait tout bizarre de marcher avec ça. Au début, c’est plutôt gênant. Mais, si grâce à cela je peux ne plus me tordre de douleur tous les deux mois comme avant, c’est sans prix.
J’oubliais de vous dire que le ciel n’a cessé de déverser son fiel sur l’Hérault de samedi soir (moment de notre retour) jusqu’à jeudi matin. Pour mettre le moral dans les chaussettes lors de la reprise du travail, on ne fait pas mieux. Heureusement que nous avions rechargé les accus sous le beau soleil romain, la semaine précédente.
Enfin, nous revoici en week-end, pour souffler un peu. OUF.
Et sinon ?
Sinon, aujourd’hui est un Grand Jour.
Certaines dates, comme le 11 septembre 2001 (« nine-eleven » comme disent les Américains tristement), marquent à jamais les esprits. Vous souvenez-vous du :
Non, ça ne vous dit rien visiblement. Même si vous avez cliqué sur le lien. « Lancelot, il a encore fumé la moquette. »
Eh bien aujourd’hui, il y a le :
19 mars 2011.
Non non, rien à voir avec la folie du général Khadafi qui bombarde son peuple félon qui ose lui reprocher son despotisme éclairé, ou les malheurs des pauvres Japonais qui ont eu le choix entre être engloutis, ensevelis ou irradiés. C’est pas drôle, je sais. D’autant que mes malheurs à moi, par comparaison, sont bien minimes.
Qu’est-ce qui m’arrive ? Eh ben, HautetFort a remis ça. J’ai encore pris trop de place, trop de musique, trop de photos, trop de blablas, trop de tout.
Quelque part, c’est bien vrai que vieillir a du bon. Je commence à m’habituer aux acrobaties techniques nécessaires à chaque fois à la re-création d’un blog qui me plaise. J’ai passé toute la matinée à coller le papier peint, disposer les nouveaux cadres, faire la liste des gens toujours bienvenus à la maison, etc etc. Je suis vraiment pas un expert en informatique, mais je tâtonne, je retrouve, cahin caha tout va bien.
Je suis désolé encore une fois de vous obliger à changer mon flux chez vous. Bah, si ça vous ennuie, z’êtes pas obligés de le faire. Collez simplement la nouvelle adresse dans vos favoris, c’est tout aussi simple. L’essentiel, c’est qu’on se retrouve, pas vrai.
Allez, on fait comme Yaryl et Fandor à la fin du premier chapitre : on passe la porte magique qui donne accès au prochain monde. Un, deux, trois, c’est parti !
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16.03.2011
Andiamoci !
Samedi 6 mars
Pour une fois, notre avion ne décollait pas aux aurores (13h30 à Montpellier) ce qui nous a évité un réveil comateux vers les 4h du mat’, comme pour Venise. Certaines compagnies exigent que l’on soit à l’aéroport 3 heures à l’avance. Très probablement pour pouvoir gérer plus facilement les gens arrivant en groupe, ou éviter les retards de dernière minute. Résultat des courses, on est obligé de passer un temps interminable, affalés comme des flans mal cuits, sur de mauvais fauteuils, en regardant d’un œil morne les gens tripoter leurs e-pads, comme hypnotisés, et des moutards courir partout en s’esclaffant d’une voix suraiguë. J’ai décrété une fois pour toutes qu’arriver une heure avant le décollage est largement suffisant. Saisi d’une frénésie d’efficacité, j’ai fait une entorse à ma ligne de conduite de fainénant notoire et j’ai emporté mon paquet de bacs blancs à corriger. La semaine dernière, je n’avais pas eu une seule minute pour m’y consacrer ! Ni même pour la lecture et préparation du sujet, choisi par un autre collègue, et que j’ai (presque) découvert dans l’avion. Assez facile. Ensuite, j’ai attaqué les copies. TRES DIFFICILE !! J’en ai fait 10 sur 31. Mon Dieu que c’est mauvais. Je ne sais pas qui est le prof de cette classe, et je sais bien qu’il/elle n’est pas responsable, mais par comparaison, mes terminales Y3 sont des aigles : « Ecception the Etats-Unis, in Irack, because E-U go to Irack, by help the people in war them versus country. So, the is the country whitch help the country poor”. Sept ans d’anglais. Glissons sur les « problèmes de forme », pour nous intéresser au fond. Il s’agissait d’un sujet sur l’éducation et l’exploitation. Vous voyez un rapport, vous ? Cristina, la dame qui nous loue notre studio en centre ville, était persuadée que nous avions pris un vol Montpellier-Rome direct. Ca n’existe pas, carissima ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Nous avons donc transité deux heures à Roissy et sommes arrivés à 19h45. Suite à ma demande en mail, elle avait gentiment réservé une voiture (et non un taxi) car l’aéroport de Fiumicino se situe à une quarantaine de kilomètres du centre. Les taxis sont hors de prix, souvent à la tête du client, et ils peuvent monter à 140 euros pour ce style de course ! Notre chauffeur nous attendait avec un petit écriteau et nous a emmenés à destination (trente minutes de route, même à tombeau ouvert, « alla Romana » tout de même). Via Doria, nous avons cherché un moment l’adresse (du mauvais côté de l’avenue, d’où nos tâtonnements). La ville est calme, à cette heure. Elle a été lavée par une journée de pluie ininterrompue, qui a eu l’excellente idée de cesser juste avant que nous n’arrivions. Cristina nous explique que les touristes français qui ont occupé le studio juste avant nous ont eu une semaine d’averses non-stop. Pour les jours à venir, apparemment, la météo est clémente. Speriamo che durasse... Le studio, donc, est tout petit, et on a tiré parti de chaque cm2 d’espace. Coin cuisine, salle de bains avec WC, et salon occupé totalement par le lit une fois qu’on a défait le canapé. Après avoir été très gentiment accueillis vers 21h, nous sommes partis manger dans une pizzeria très simple et ensuite faire quelques courses de première nécessité pou_r le petit déjeuner du lendemain dans une supérette ouverte toute la nuit. Elle se trouve à 20 minutes à pied du studio et nous avons eu du mal à la trouver. Pour une fois, c’est mon sens de l’orientation qui a prévalu sur celui de TiNours. Nous avons demandé notre chemin à deux beaux mecs qui passaient par là avec un labrador. Pendant que TiNours fait des papouilles au chienchien, nous essayons, l’un des deux mecs et moi, de nous comprendre dans un italien approximatif de part et d’autre, jusqu’à ce qu’il me demande « Do you speak English ? » Je fais ma coquette : « Er... A little... » Ils étaient sûrement anglais. Bref. Nous achetons café, pain, beurre, lait, confiture. Tout est très cher, mais nous sommes à Rome, ne l’oublions pas. Une toux persistante m’a gâché le voyage. Je croyais m’être débarrassé de cette saloperie de rhume il y a trois semaines. Le voici qui re-pointe son nez, ou plutôt, mes bronches. En rentrant, il fallait encore déballer nos affaires. Nous ne l’avions pas fait en arrivant, car nos estomacs réclamaient leur pitance. Il a en plus fallu déplier le divan. Une fois cette opération effectuée, je me suis littéralement écroulé vers les minuit. Huit heures de coma bienheureux. Et le dimanche matin, il fait beau. Nous sommes à Rome, à Rome ! Che felici !
22:46 Publié dans Lancelot en vacances | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : vacances, rome
13.03.2011
A King's speech

Dans les années 30, le duc d’York (« Bertie »), jeune frère du Duc de Windsor, prétendant légitime au trône d‘Angleterre, devient Roi parce que son ainé préfère abdiquer pour épouser Mrs Simpson, roturière américaine déjà divorcée deux fois. Or, ce nouveau Roi est bègue, ce qui, bien sûr va poser problème, surtout pour prononcer ses discours, en cette période où l’Europe entière va s’embraser dans la seconde guerre mondiale.
Je dois faire vite, alors je dirai simplement : royal.
Je me fiche de l’exactitude historique, ou de la justesse du scénario. Peu importe. Voir cela en VO, dans une diction parfaite, malgré les balbutiements (forcément, évidemment) du personnage principal ; c’était un bonheur rare, que je n’avais pas éprouvé depuis bien longtemps au cinéma.
Les oscars étaient mérités. Tant pis pour le chauvinisme américain. J’applaudis des deux mains.
Ce que j’ai préféré par-dessus tout, et c’est rare, car il y a toujours en moi une réserve vis-à-vis des héros dans les films ou les romans, ce sont les personnalités des trois personnages principaux. A niveau égal. Colin Firth dans le rôle de George VI, éclatant de justesse, émouvant dans ses moments de désespoir et d’incertitude, détonant dans ses colères et crises d’exaspération, fascinant lorsqu’il se laisse aller à l’orgueil et au dédain inhérents à sa fonction à ses origines aristocratiques.
Elena Bohman Carter incarne son épouse. Plusieurs fois, pendant la projection j’ai dû me pincer pour me souvenir qu’il s’agissait bien là de la ‘Queen Mum’, mère d’Elisabeth II, décédée à un âge fort respectable il n’y a pas si longtemps. Elle est jeune, fraiche, irrésistible de charme et de séduction. Pleine d’intelligence, de douceur et de compréhension face au handicap de son mari, qu’elle épaule sans cesse sans jamais l’écraser. On a envie de la prendre dans ses bras pour l’embrasser !
Enfin et surtout, Geoffrey Rush, le « professeur » qui essaie d’aider George à surmonter son handicap. Physiquement, il rappelle furieusement Rex Harrison jouant le professeur Higgins dans ‘My fair lady’. Etait-ce voulu, ou est-ce simplement moi qui ai cherché à voir des correspondances en lieu et place de simples coïncidences ? Peu importe. Lionel, le professeur, est mon personnage préféré dans le film, évidemment. Pourquoi ? Parce qu’il fait partie de cette lignée de « seconds rôles » dont je raffole tant. Il est intelligent, drôle, patient, pertinent. C’est en plus un homme bon. Extraordinaire en un mot. On en arrive à se demander pourquoi le Roi a du mal à progresser face à un thérapeute si exceptionnel.
Les rapports entre les deux hommes oscillent sans cesse entre l’amitié et la distance imposée par leurs origines sociales, leurs nationalités différentes, et leurs personnalités aux antipodes l’une de l’autre. Et pourtant, Lionel saura combler l’abîme, et créer entre eux des ponts, ceux du langage, afin que ‘Bertie’ puisse surmonter son handicap.
Une scène qui m’a bouleversé entre toutes : celles où ils marchent tous deux côte à côte dans un parc de Londres par une après-midi froide et grise, et où, dans un moment de colère, le Roi congédie brutalement Lionel et lui fait savoir, sans aucun préavis, que là s’arrête leur relation, malgré les progrès qu’il avait réussi à lui faire accomplir. La caméra fixe le Roi s’éloignant à grandes enjambées, et ensuite cadre le visage blessé, humilié de Lionel, qui se perd à son tour dans le lointain par un effet de travelling arrière. Quels que soient les exploits accomplis, les seconds restent toujours des seconds. Ils ne sont là que pour seconder.
Allez le voir, de toute urgence. Précipitez-vous. Ca vaut tous les blockbusters du monde !
10:48 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, film

